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Édition 2013 - Faut se parler !

Fiche éclair - Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI)

Faut se parler !

Les organismes de coopération internationale membres de l’AQOCI ont choisi en 2013 d’inviter la population québécoise à échanger avec eux sur des enjeux qui préoccupent tout le monde : l’économie locale, l’éducation, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’environnement, la justice sociale et la santé.

D’abord, parce que le réseau québécois de la solidarité internationale a développé une expertise depuis plus de 50 ans sur ces enjeux, tant dans les pays du Sud qu’au Québec en collaboration avec des organismes locaux.

Ensuite, parce que cette expertise est aujourd’hui menacée par le virage idéologique du gouvernement fédéral.

Nous vous invitons à lire la brochure des JQSI 2013 pour mieux comprendre la thématique. Vous y trouverez 20 pages d’explications avec un grand nombre de statistiques et de sources.


Cette fiche-éclair a pour objectif de répondre succinctement aux trois questions suivantes :

  • Quelles sont ces priorités qui interpellent à la fois la population en général, la société civile québécoise et le réseau québécois de la solidarité internationale ?
  • Quelles sont les menaces qui pèsent sur le réseau québécois de la solidarité internationale, sur ses partenaires des pays du Sud et, dans plusieurs cas, sur la société civile canadienne ?
  • Quelles sont les actions proposées à la population ?

Six priorités

Économie locale : En coopération internationale, une des façons d’encourager les économies locales est de réaliser des projets d’activités génératrices de revenus pour les populations du Sud. Plus généralement, la solidarité internationale mise sur la prise en charge locale des communautés afin qu’elles puissent répondre à leurs besoins et s’épanouir – ou se défendre contre des initiatives qui viendraient nuire à leur survie -. En ce sens, les organismes québécois appuient non seulement leurs partenaires du Sud, mais appuient aussi les initiatives locales de leur région, au Québec.

Éducation : L’éducation est au cœur de l’action de la coopération internationale. Des projets d’alphabétisation en passant par des campagnes internationale d’accès à l’éducation, les organismes de coopération internationale intègrent aussi des volets de « renforcement des capacités » dans beaucoup de projets. Sans compter les nombreuses collaborations d’activités de sensibilisation avec les écoles du Québec !

Égalité entre les femmes et les hommes : Prendre en compte des inégalités criantes dont sont victimes les femmes dans le monde est incontournable dans toute lutte à la pauvreté et toute défense des droits humains. C’est pourquoi une expertise particulière s’est développée sur cette question dans le réseau de la solidarité internationale au Québec. Plusieurs organismes se sont dotés d’une politique d’égalité entre les femmes et les hommes. Nous vous invitons à consulter la politique d’égalité entre les femmes et les hommes de l’AQOCI.

Environnement : Il est loin le temps où l’on considérait l’environnement comme un enjeu distinct de celui de la lutte à la pauvreté et de la défense des droits humains ! La démonstration n’est plus à faire : ce sont les populations les plus pauvres qui subissent en premier, et avec plus d’ampleur, les impacts des problèmes environnementaux. La solidarité internationale passe donc par le respect de l’environnement, et ce, dans toutes ses actions. Sans compter que les organismes de coopération internationale du Québec multiplient les collaborations avec les organismes qui agissent localement sur ces enjeux.

Justice sociale : Par justice, on entend droits. La défense des droits humains est un des piliers de la solidarité. Notamment, les droits économiques et sociaux sont malmenés de par le monde et, pourtant, c’est le respect de ceux-ci qui garantit des conditions de vie décentes pour toutes et tous. Pour cette raison, beaucoup d’organismes de solidarité internationale en font leur cheval de bataille et n’hésitent pas à s’allier aussi aux mouvements locaux de justice sociale.

Santé : Que ce soit des campagnes de mobilisation pour l’accès aux soins ou des projets de droit à l’alimentation, la santé est une priorité pour toute démarche ciblant une amélioration des conditions de vie. Il n’est pas étonnant qu’elle fasse partie des priorités de la coopération internationale, parfois de façon intégrée aux questions d’éducation et de justice sociale.

Des menaces

La solidarité internationale est en crise ; elle fait face à des mesures du gouvernement fédéral qui lui font perdre peu à peu les fruits d’une expertise bâtie sur une expérience de plus de 50 ans. Voici les 4 menaces qui pèsent sur elle :

1) Le changement de fonctionnement de l’ancienne Agence canadienne de de développement international (ACDI) aujourd’hui intégré au ministère des Affaires extérieures, du Commerce et du Développement (MAECD)

Pendant des années, le Canada misait – et c’était un leader mondial en la matière - sur trois grands principes en matière de développement international : lutte à la pauvreté, défense des droits humains et missions de paix. De plus, il soutenait financièrement le travail des organismes de coopération internationale en reconnaissant l’importance pour ces derniers de travailler dans des relations à long terme avec des partenaires locaux des pays du Sud en tenant compte des besoins réels de la population et dans une perspective de prise en charge pour et par les gens.

Aujourd’hui, les organismes de coopération internationale ne savent plus s’ils pourront signer des ententes à long terme avec le gouvernement et donc, ne peuvent plus élaborer et réaliser des projets avec leurs partenaires de longue date des pays du Sud. Ils sont en compétition les uns avec les autres, dans l’attente d’un appel d’offre hypothétique qui portera, s’il y en a un, sur un thème qui leur est inconnu. Comment poursuivre le travail sur le long terme avec les populations du Sud dans ces conditions ?

Pour en savoir plus : Où va la coopération solidaire québécoise ? Recherche exploratoire sur la situation des OCI membres de l’AQOCI à l’automne 2012.

2) La crainte de perdre son numéro de charité

Depuis quelques années, les organismes de la société civile au Canada craignent que le gouvernement leur retire leur numéro de charité s’ils expriment des critiques et interpellent la population à cet effet. Certains mots seraient carrément risqués. C’est donc une forme de musèlement que vivent ces organismes qui devraient pourtant se sentir libres de dénoncer les injustices et d’inviter les gens à soutenir leurs démarches sans crainte de perdre un de leurs outils de survie – la capacité de collecter des fonds !

Pour en savoir plus : « Charité bien ordonnée... », article d’Hélène Buzzetti paru dans Le Devoir du 30 mars 2012.

3) Des coupures

Des programmes qui avaient fait leurs preuves sont retirés. Des fonds, tout court, sont éliminés. Ainsi, en 2012, le gouvernement a annoncé une réduction de plus de 8 pour cent sur trois ans du budget de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Cette coupure de 319 millions $ équivaut au coût de l’un des soixante-cinq avions de chasse F-35 que le gouvernement souhaite acheter.

Pour en savoir plus : Les Conservateurs au pouvoir : coupure idéologique, coups durs pour les droits, fascicule de Pas de démocratie sans Voix.

4) La clé du développement remise aux grandes entreprises

Que le secteur privé réalise des projets d’infrastructures en partenariat avec des gouvernements, soit. Mais que les fonds autrefois dédiés à des projets de lutte à la pauvreté et de défense des droits humains soient versés à des entreprises au nom du développement international, c’est autre chose. Les sociétés civiles du Canada et des pays du Sud sont ainsi mises de côté alors que les ravages sociaux et environnementaux dus à l’implantation de certaines compagnies sont de plus en plus documentés.

Pour en savoir plus : Transformation idéologique dans l’aide canadienne : rupture ou continuité ?

Des actions

  • Porter fièrement les macarons aux couleurs des six « priorités » des JQSI : à la boutonnière… et sur sa photo de profil Facebook !
  • Appuyer concrètement les organismes québécois de coopération internationale et leurs alliés de la société civile québécoise
  • Participer à la consultation publique sur la création d’une agence québécoise de solidarité internationale (AQSI)
  • Écrire à son ou sa député-e provincial-e pour obtenir son appui au projet de l’AQSI (un modèle de lettre vous sera bientôt proposé : à suivre)




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